LA CITÉ GIROUD
La cité Giroud, aujourd’hui « Square des Roses », est construite dans les années 1933-34 par Charles Giroud, président de la fabrique de couverture J.J. Giroud.
Cet ensemble de dix maisons à disposition symétrique en forme de demi-cercle dispose de l’eau courante, un luxe à l’époque, grâce à un château d’eau. C’est un réservoir à niveau constant (principe de la chasse d’eau) qui est approvisionné par une pompe qui puise l’eau d’une source. Cette pompe est à l’abri dans un petit local fermé (aujourd’hui disparu).
Sous le château d’eau se trouve un grand préau qui sert de lavoir avec une dizaine de bassins compartimentés pour laver le linge. Le rinçage définitif s’effectue dans un bassin alimenté par la source située entre les deux premières maisons à gauche. (Voir photo). L’eau s’écoule ensuite dans le petit ruisseau qui longe la route départementale. Les lavoirs fonctionnent peu et servent plutôt de remise et d’espace de jeux pour les enfants. Le préau est fermé par la suite et partagé avec les deux maisons mitoyennes pour en faire une pièce supplémentaire lors de la vente de la cité dans les années 1970.
Ces maisons atypiques sont composées d’un petit porche ouvert en arc de cercle, un hall d’entrée qui donne accès aux pièces principales (séjour et cuisine), à une cave, aux WC et à un escalier en bois pour l’étage. Celui-ci comprend deux ou trois chambres avec un petit balcon pour certaines.
Il n’y a pas de chauffage central ni de salle de bain ; les pièces sont chauffées par un poêle à charbon ou à mazout disposé dans la pièce du séjour. Les portes grandes ouvertes chauffent toute la maison, mais les chambres restent froides : il faut mettre de gros édredons et des briquettes chauffées, enveloppées de papier journal pour réchauffer les draps. Les premières salles de bains sont construites au début des années 1970, soit dans une petite extension derrière les maisons, soit dans la petite remise sous-pente de l’une des chambres, après fermeture du balcon.
Chaque maison possède un petit jardin où chacun peut cultiver un potager et aménager poulailler et clapier.
Ces maisons sont louées au personnel de maîtrise de la fabrique Giroud ainsi qu’à des cheminots.
Il arrive parfois que le château d’eau déborde et asperge copieusement les alentours ; il faut alors prévenir M. Rizatto qui travaille à la fabrique. Responsable du mécanisme, il est le seul habilité à intervenir pour arrêter la pompe.
Il fait bon vivre dans cette petite cité dans la période d’après-guerre. Les enfants peuvent profiter de la grande cour commune devant les maisons et crapahutent dans les environs boisés et les carrières. L’absence de télévision et de téléphone favorise les rencontres : les adultes se réunissent souvent entre voisins pour papoter, boire un café ou jouer aux cartes.

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