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4. LE PONT DE SANS SOU


LE PONT DE SANS SOU

 

Ce pont, dont le nom est mentionné sur le parcellaire de 1698, est l’un des deux ponts construits en 1860, sous le mandat de Louis Forcheron, maire. Certaines cartes postales portent la légende « pont de Cent Sous ».

 

 Il fait partie des aménagements réalisés pour l’amélioration des voies et chemins du village, proches de l’Ozon, souvent dégradés par ses crues. 

 

Sous le deuxième pont dont il ne reste que les parapets, un canal de l’Ozon alimentait un moulin, transformé aujourd’hui en appartements.

 

Une meule subsiste encore en contrebas.

                                                                  

                                                                        

L’ancien moulin et les deux ponts dits « Forcheron »


LE « PAIN DE SUCRE »

 



Sur la carte postale, on voit très bien cette excroissance à la droite des carrières. Elle est nommée « Pain de sucre » en référence au sucre commercialisé jadis sous forme de pains coniques.

Dominant le village, ce tertre a une histoire et sa forme suscite la curiosité des historiens. Cet éperon de 230 m de haut et 20 m de diamètre entouré d’un fossé de 4 mètres de profondeur est-il naturel ou artificiel ? A-t-il eu une fonction ? 

 Le tertre lui-même n’est pas une moraine. Il se dresse sur une colline qui est une terrasse d’alluvions glaciaires, contenant des blocs de granit, témoins de la moraine frontale d’un glacier et on note même la présence de sillons charbonnés.

Les hypothèses sur la nature du Pain de Sucre sont nombreuses, mais toutes concluent qu’il était d’origine humaine et il a pu être daté entre la fin de l’Âge du Bronze et du début de l’Âge du Fer.

Selon A. Mace, un professeur d’histoire, ce serait un tumulus antique contenant des restes de guerriers Allobroges défaits par des légionnaires romains. Il défend cette théorie dans un bulletin de l’ancien Dauphiné en 1881.

M. Brouchoud, secrétaire de la société topographique Histoire de Lyon, conteste cette proposition qui n’est pas étayée, la découverte de lances et d’épées étant douteuse. Il parle lui aussi d’un tumulus antique, mais plus tardif. Lors du Congrès archéologique de France, en 1879, il fait référence à deux chartes publiées dans le cartulaire de Cluny, l’une datée de 924 dans laquelle le tertre est appelé Mons Mercurius, et l’autre de 943, dans laquelle on trouve l’appellation Mons Anticus. Il aurait été élevé pour délimiter les territoires des Segusiaves et des Allobroges.

M. Albert Vassy, pharmacien devenu archéologue et directeur du musée archéologique de Vienne, affirme dans la brochure n° 1370 de la revue Rhodania, que « ce tertre appelé Tumulus sur la carte n’est à proprement parler qu’une Motte Féodale qui a dû au VIIou VIIIsiècle supporter un donjon de bois. Ce qui l’indique clairement c’est que, entre la couche naturelle et la base de la terre rapportée, on trouve des tessons de brique romaine dites tuiles à rebord ». Par sa situation, il pouvait faire office de piton d’observation ou d’un outil de signalisation par des feux.

Par ailleurs, les fouilles qu’il fait dans la colline lui permettent de conclure en 1929 qu’il y a eu là un habitat protohistorique, c’est-à-dire datant de deux siècles avant notre ère.



Fragments de céramique à décor intérieur, recueillis par le Groupe archéologique de Bourgoin.


D’autres recherches, dans les années 1950, menées par des amateurs du Groupe Archéologique de Bourgoin, puis par des étudiants lyonnais ont permis de mettre au jour des restes humains, deux outils, l’un en silex, l’autre en quartz, et un vase de l’époque chalcolithique (période dite « âge du cuivre » datant du 3au 1er siècle avant notre ère). 


Vase reconstitué découvert en stratigraphie

Ses falaises constituées d’alluvions caillouteuses étaient composées de gravier et de blocs de poudingue. L’excellente qualité de ce gravier intéresse très tôt les industriels. Entre les deux guerres, M. François Pascual exploite la carrière du « Pain de sucre » dont les matériaux servent à remblayer les chemins du canton, les routes et ouvrages SNCF. M. Jean Favre prendra la suite après son décès en 1934 jusqu’à la fin des années 1950.


La carrière du Pain de sucre

Au moment de la construction de l’autoroute et de la raffinerie de Feyzin en 1962-64, pendant un an et demi, au rythme du chargement de 500 camions par jour, selon ce que décrit Marius Bordel, « la colline a peu à peu été dévorée, et le tertre a disparu ». 

Cette exploitation intensive a laissé la silhouette que nous connaissons maintenant et du Pain de Sucre, il ne reste que le nom.

 

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