DES MOULINS A L’USINE
L’Ozon a vu s’établir des moulins hydrauliques dès le Moyen-Âge, et trois d’entre eux fonctionnent dès cette époque dans notre village.
L'eau retenue par un barrage est amenée au moulin par un bief de dérivation. L’ouverture d’une vanne crée une chute qui actionne une roue. Une série d’engrenages transmet le mouvement de rotation de la roue à une meule tournante, l’action de celle-ci sur une meule immobile broie le grain en farine.
La farine de blé est l’ingrédient de base de la fabrication du pain. Chaque habitant en consomme en moyenne 0,9 kg par jour en 1900.
Du XIe au XXe siècle, treize moulins sont implantés de Chaponnay à Ternay.
En raison des coûts de construction et d'entretien, les premiers moulins appartiennent à des familles seigneuriales, disposant à la fois de la possibilité d'exploiter la force motrice de l’eau et d'imposer l'usage de leur moulin aux habitants (droit de banalité : les banalités sont les taxes versées au seigneur pour l'utilisation obligatoire du moulin, du four et du pressoir).
Des battoirs vont s’ajouter aux bâtiments abritant les meules. Le battoir nécessite une moindre force hydraulique. Il sert à fabriquer la « godelle », opération qui consiste à ôter l’enveloppe des céréales pour les rendre comestibles. Le battoir sert aussi à broyer les oléagineux (noix…), et les tiges végétalescomme le chanvre et le chou.
Aux XVe et XVIe siècles, les moulins sont rattachés aux domaines de la bourgeoisie et des seigneurs locaux. Il faut attendre la fin du XIXe et le XXe siècle pour voir des meuniers-exploitants propriétaires.
LE MOULIN BERGEON
Au parcellaire de 1660, Claude de Melat, seigneur de Saint-Symphorien d’Ozon, est propriétaire en ce lieu d’un moulin, battoir et verney (terrain en friche).
Au courcier (acte d’enregistrement des propriétés privées servant au calcul de l’impôt au XVIIIe siècle)de 1782, il appartient alors à Antoinette Vaudaine, qui l’a acheté précédemment à Arthur Gollien, seigneur de Chabon.
Par la suite se succèdent Claude, Ennemond, puis Claude Dominique Vaudaine.
A partir de 1853, le moulin et ses dépendances subissent diverses transformations. Le moulin est détruit par la suite.
Vers 1866, Pierre Devaux s’associe à Claude Dominique Vaudaine. Ensemble, ils construisent un grand moulin moderne où la turbine remplace la roue à aubes. Ils installent également un générateur et une machine à vapeur dans le bâtiment au toit à quatre pans.
En 1871, Pierre Devaux est seul propriétaire : il a acheté le moulin-battoir-usine et la propriété attenante à M. Vaudaine.
La propriété est vendue en 1887 à M. de Blesson puis à Louis Roche en 1900.
L’USINE
L’activité de l’usine Roche commence en 1900. L’usine fabrique de la ouate industrielle de coton à partir de matière première provenant de l’étranger.
Nettoyée, cardée, transformée en nappes de 2 à 3 cm d’épaisseur, elle est ensuite encollée sur une face destinée au capitonnage de sièges divers (fauteuils, automobiles…) ou découpée à la forme pour la garniture des épaulettes de vêtements.
On y travaille également le coton et la rayonne. Le lavage de ces textiles est assuré par l’usine Duc située rue des Pêcheurs, aujourd’hui démolie.
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| L’usine Duc, devenue ensuite Gentet Ganet |
En 1939, l‘usine Roche est mise en gérance et devient l’usine Burtin en 1940. On y fabrique les mêmes produits. En 1953, la gérance est reprise par la société Vachon jusqu’à sa fermeture en 1957.
En juillet 1964, Albert Herenstein achète l’ensemble des bâtiments. Il exerce le commerce d’achat et revente de matériels de radio-électronique d'occasion jusqu’au début des années 2000.
En 2022, ses filles, Marie et Emmanuelle Herenstein, vendent la propriété à la société immobilière Gaïa.

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