L’USINE GIROUD
L’entreprise Giroud n’est pas née à Sérézin-du-Rhône, mais à Lyon, dans le quartier St Jean où Michel Giroud, tailleur d’habits originaire de la Drôme s’est installé depuis 1796. C’est là qu’il crée, en 1810, un atelier de bourre de soie où ce tissu est travaillé sur un métier à bras.
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L’usine Giroud implantée en 1883 au cœur du village, derrière l’église, au bord de l’Ozon. |
Pourquoi la famille Giroud décide-t-elle alors en 1828 d’établir son usine dans notre village ? Sans doute parce que le prix des terrains y est moins cher qu’à Lyon, et les salaires y sont moins élevés.
Entre 1828 et 1838, la production de couvertures de laine remplace celle de la soie.
Michel et ses deux fils aînés implantent une fabrique hydraulique sur le cours de l’Ozon. Cette nouvelle usine est située au lieu-dit la Vieille Boîte.
De 1869 à 1871, la manufacture est mécanisée en ce qui concerne la filature.
En 1872, ils s’associent avec leur frère Jean-Jacques pour fonder une société en nom collectif sous la raison sociale Jean-Jacques Giroud & Fils.
La maison Giroud se spécialise dans la belle couverture. En 1883, une nouvelle usine est construite sur les bords de l’Ozon.
Mise en service en 1884, elle est équipée de 30 métiers à tisser mécaniques : les métiers simples et les métiers « Jacquard » commandés par des cartons perforés qui reproduisent des dessins variés.
Métier à tisser
La laine Mérinos qui provient principalement d’Australie et de Nouvelle Zélandearrive brute en ballots.
Elle est démêlée, puis viennent toutes les étapes de filature :
- Lavage, teinture, essorage, séchage.
- Cardage (obtention et torsion du fil).
- Ourdissage (préparation de la chaîne).
Le fil est alors tissé et suivent :
- Epincetage (enlèvement des impuretés)
- Foulage (lavage, séchage).
- Coupe et bordage des couvertures avant emballage et expédition.
En 1926, l’usine tourne avec un effectif de 153 personnes, essentiellement des Sérézinois et Sérézinoises à hauteur de 75,2 %, soit 17,5 % de la population. L’entreprise connaît deux périodes difficiles en 1930/1931 et durant la Seconde Guerre mondiale. Mais dans les années1960, la fabrique de couvertures connaît une véritable expansion, produisant jusqu’à 120 tonnes par an de couvertures de laine de grande qualité avec une marque déposée « Laniger » et Girlaine ». Elle alimente les grands magasins parisiens : La Samaritaine, les Galeries Lafayette, Le Printemps, le Bazar de l’Hôtel de Ville… et leurs filiales de province, ainsi qu’un grand nombre de détaillants tant en France qu’à l’étranger.
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Quelques ouvriers en 1936. |
Au cours des années suivantes, la hausse importante des cours de la laine qui contraint à augmenter les prix de vente et la concurrence étrangère, de qualité moindre à bas prix, fragilisent tout le secteur textile. La cessation d’activité industrielle est décidée fin février 1966. Celle-ci est reprise par des cousins, le couverturier Giroud Frères à Saint-Victor-de-Cessieu en Isère. Cependant un atelier de finissage, d’expédition ainsi que le service administratif restent à Sérézin-du-Rhône.
A Saint-Victor-de-Cessieu, il n’y a alors plus qu’une seule unité de production pour les deux couverturiers, car, toujours sous le nom de J.J. Giroud & Fils, la société garde sa notoriété, son savoir, ses créations mais aussi tout son réseau clientèle, ses VRP ainsi que son propre service commercial. La fermeture définitive du site de Saint-Victor-de-Cessieu aura lieu fin juillet 1993.
La fermeture de la Société Giroud à Sérézin-du-Rhône est définitive en 1968.
Une partie des bâtiments est reprise par les Huiles IGOL et une autre par la Sté NOREV (VERON) les voitures miniatures.
Depuis 2018, le site rénové accueille des artisans, des bureaux d’étude, des sociétés de service (crèche, pôle paramédical…).





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