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7. L'OZON


L’OZON

L’Ozon naît dans les collines boisées des communes d’Heyrieux et de Valencin en Isère, à une altitude de 323 m ; il s’écoule sur 22 km. Pendant des siècles, l’Ozon rejoint le Rhône à Ternay, mais à partir de 1963, en raison de l’implantation de grandes infrastructures entre Saint-Fons et Ternay, son cours aval est réduit de quelques kilomètres.

 L’Ozon se jette aujourd’hui dans le canal de fuite de Pierre-Bénite à Sérézin-du-Rhône, à une altitude de 158 m, après son passage souterrain sous l’autoroute.

 

Rivière du Bas-Dauphiné, « l’Aqua Alsone », mentionnée dès le Moyen-Age constitue la limite méridionale du pays du Velin et sépare les diocèses de Lyon et de Vienne.

Le bassin versant se caractérise par 3 grands secteurs paysagers :

- à l’amont : les collines d’Heyrieux, Saint-Pierre-de-Chandieu et Chaponnay où l’Ozon s’écoule entre les premiers reliefs du Bas-Dauphiné.

- la plaine de l’Ozon : de Chaponnay à Marennes, ancienne zone marécageuse à dominante agricole où subsistent des zones humides. Son cours est fortement endigué sur sa majeure partie pour la protection des cultures contre les inondations.

- la zone urbaine à l’aval : de Saint-Symphorien d’Ozon à Sérézin-du-Rhône.


COURS D’EAU DE LA PLAINE DE L’OZON    

Sources : SMAAVO

- De Chaponnay à l’entrée de Saint-Symphorien d’Ozon, l’Ozon est aussi appelé Luyne.

- Les ruisseaux du Putaret et de Vernatel, la combe Noyon et la combe de Corneille. Ces ruisseaux prennent leurs sources dans les balmes viennoises, où ils connaissent de très fortes pentes, puis finissent leurs cours dans la plaine de l’Ozon avec une forte rupture de ces pentes. Ce phénomène engendre de fortes problématiques d’érosion et de sédimentation, aggravées par les nombreux aménagements sur ces ruisseaux. Ils s’écoulent généralement du sud au nord.

- Le ruisseau de l’Ozon est un ancien bras secondaire de l’Ozon. Sa partie amont est aujourd’hui séparée du cours principal de l’Ozon à la suite de différents aménagements. Il prend sa source grâce à une résurgence de nappe dans la zone humide de la Sauzaye à Chaponnay et conflue avec l’Inverse au niveau du marais de Saint-Symphorien-d’Ozon, après un parcours d’est en ouest. Son profil est proche de l’Ozon dans la plaine, avec des pentes faibles et un fort corsetage au cœur de terres agricoles. 

L’Inverse, affluent principal de l’Ozon, est constituée de la confluence entre le ruisseau du bois de la Dame et le fossé du Plan et du Combeau sur la commune de Communay. Elle conflue avec l’Ozon dans le marais de Saint-Symphorien d’Ozon après un parcours globalement du sud-ouest vers le nord-est, d’où elle tire son nom. Elle présente un profil similaire à l’Ozon des plaines : de faibles pentes, un cours rectifié et corseté au cœur de zones agricoles. 

- Dans le marais de Saint-Symphorien-d’Ozon, il existe un réseau très complexe d’anciens chenaux et de fossés. Parmi eux, l’Ozon reçoit deux affluents notables en rive droite, les ruisseaux des Manges et du Richardin. Ce sont de petits affluents très rectifiés, prenant leur source à Saint-Symphorien d’Ozon. 

De l’entrée du bourg de Saint-Symphorien d’Ozon jusqu’à la confluence avec le Rhône, l’Ozon ne reçoit pas d’affluent notable. Sur ce secteur, les pentes augmentent légèrement par rapport à la plaine de l’Ozon. La forte occupation des rives de l’Ozon par les constructions humaines, en fait la zone la plus sensible et vulnérable du bassin face aux inondations. Elle se caractérise aussi par de nombreux ouvrages en travers du cours d’eau.


Image de l’association « Mémoires d’Ozon » 2017


La rivière est classée première catégorie piscicole pour sa pêche à la truite. On y trouve aussi des goujons, vairons, chevesnes, gardons et dormilles.

 

Jusqu’au milieu du XXe siècle, elle a un rôle essentiel dans l’irrigation des prairies.

Les principales modifications du cours d’eau l’Ozon depuis le XIXe siècle sont d’origine anthropique (activité humaine) :

 

-      de manière directe, dans le cas de la meunerie, qui utilise la force motrice de l’eau par la mise en place d’ouvrages le long du cours d’eau ;

-      de manière indirecte, dans le cas des travaux hydrauliques et d’assèchement des zones humides,qui ont visé à protéger les cultures agricoles et, à moins grande échelle, des habitations ;

-      l’histoire du bassin versant de l’Ozon conduit à un cours d’eau comprenant de nombreuses digues agricoles. Les merlons (levée de terre ou d’enrochement) de la plaine de l’Ozon augmentent les phénomènes d’incision du lit et de puissance du cours d’eau ; ils ont une influence sur les débits en période de crues dans les zones urbaines.

 

Ecluse et déversoir derrière l’usine Giroud

L’Ozon se caractérise par une bonne qualité des eaux de surface, avec une température moyenne de 12 à 14°C, évitant le gel en hiver et un niveau d'étiage (débit minimal) très soutenu durant l'été.  L’acidité de son eau convient aussi bien aux activités de lavage de filatures, qu’à la culture du cresson. Son débit régulier et une douzaine de barrages lui permettent de créer la force motrice nécessaire aux exploitations agricoles et aux industries. En 1881, l’Ozon fait fonctionner treize usines ou moulins entre Saint-Symphorien et Ternay.

A Sérézin, au XVIIe siècle et jusqu’au début du XXe, l’Ozon fournit l’énergie hydraulique à trois moulins :

 

-      rue des Pêcheurs au lieu-dit « en Tupinet » en 1660 ;

-       à gauche de l’entrée du parc de l’Ozon (ex-usine AGIR), le moulin du Vieux Château ;

-       vers l’ancienne usine Roche (moulin Bergeon, puis Vaudaine-Devaux), chemin à gauche en bas de la rue de l’Ozon, peu après le déversoir ;

-       en 1880, un autre moulin tourne au Pont de Sans Sou. Une meule reste visible dans la cour de la maison.

 

Et à trois usines :


-       en 1828, l’usine Giroud, tissage de couvertures au lieu-dit « La Vieille Boîte », impasse Charles Giroud. En 1883, la nouvelle usine Giroud s’implante rue de l’Ozon ;

-       en 1857, l’usine Gentet-Ganet, filature de laine « aux Pétaudes », rue des Pêcheurs ;

-       en 1865, l’usine de bobinage de soie Barjoz près de l’écluse de la rue de l’Ozon, transformée par la suite en logements appelés « La vieille Cité ». Sa vétusté étant source d’inquiétude, elle est démolie en 1982.

 

Usine de bobinage de soie devenue « La vieille Cité » en 1900.


LES CANAUX, LES PONTS ET LES LAVOIRS A SÉRÉZIN-DU-RHÔNE

Quatre canaux de dérivation apportaient l'eau et la force motrice aux roues à aubes avant de repartir dans l’Ozon :

1. Prise d'eau aux vannes du Rocher pour alimenter le moulin de la Rue des Pêcheurs, l’usine Gentet-Ganet (puis Duc), le moulin du Vieux Château et la première usine Giroud. Ce canal qui existe avant la construction du château en 1574 est asséché en 1972.

2. Prise d’eau aux vannes de la rue des Pêcheurs pour alimenter en eau et force motrice le moulin Vaudaine (ancienne usine Roche) ; elle est supprimée entre 1968 et 1970.

3. Bief au déversoir derrière l’usine Roche (ancien moulin Vaudaine). Il alimente le moulin du Pont de Sans Sou et le moulin de Ternay (au niveau de la gare). Il assure l’arrosage des prairies. Il finit dans les lônes de Ternay avant la construction du canal et de l’autoroute ; il est supprimé entre 1968 et 1970.

4. Prise d’eau à la sortie de la première usine Giroud (impasse Ch. Giroud) : ce bief alimente la nouvelle usine Giroud (1883), permet l’arrosage des prairies et alimente un lavoir rue Maurice Petit. 

Selon le plan cadastral de 1831, il n’y a à cette époque qu’un seul pont sur l’Ozon, pour desservir la première usine Giroud à « La Vieille Boîte », un pont en pierre à deux arches. Ailleurs, les charrettes et les troupeaux de vaches passent à gué tandis que les piétons se hasardent sur des planches.

Au XXsiècle, cinq ponts et passerelles franchissent l’Ozon et ses canaux : rue des Pêcheurs, rue Philémon Descaillots, impasse Charles Giroud (pont à 2 arches), rue de l’Ozon et rue Maurice Petit (Pont de Sans Sou).

Jusque dans les années 1950, trois lavoirs sur les bords de l’Ozon et ses canaux, permettent aux lavandières de faire leur lessive : rue des Pêcheurs, rue de la Blancherie et rue Maurice Petit.


LES INONDATIONS

 Le quartier des Tuilières inondé

Bien que le débit des écluses soit réglé minutieusement, l’Ozon n’est pas toujours calme. Le territoire vit de nombreuses crues :


la crue de 1856 met le chemin dans un tel état que le conseil municipal envisage son déclassement. Il revient sur ses intentions sur les protestations des habitants du Sibelin ;

- en 1886, les eaux furieuses détruisent un pont presque neuf ;

- en 1934, 1940 et 1943 l’Ozon emporte une partie du chemin du Sibelin qui s’élargit dangereusement là où il passait habituellement dans son lit, et grignote des terres aux riverains ;

- en 1957, l’eau pénètre dans l’usine AGIR. Par la suite, plusieurs ponts seront réhaussés.

 

Certains se souviennent de la colère de l’Ozon en 2014 où 170 habitants de Saint-Symphorien-d’Ozon et Sérézin-du-Rhône sont évacués. A l’automne 2024, l’Ozon sort à nouveau de son lit.

Tous les maires de la commune eurent à s’occuper de la rivière et c’est encore vrai aujourd’hui.

Certaines crues sont liées à celles du Rhône.


Quartier des Tuilières et la grande prairie.

Au début du XXIe siècle, des aménagements sont effectués autour du lit de l’Ozon, notamment la zone humide de Chaponnay.

La gestion des cours d’eau est assurée par le Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Assainissement de la vallée de l’Ozon, 70 rue de Sainte-Marguerite 69360 SIMANDRES. Téléphone : 0478023078 - Adresse mail : accueil@smaavo.fr



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