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12. LES ÉGLISES


LES ÉGLISES 

En l’an 998, selon les droits confirmés par le roi Rodolphe Ier, dit le Pieux ou le Fainéant, Sérézin dépend du monastère des moines de Cluny à Ternay, aussi bien dans le domaine spirituel que matériel.

Dès le XIVe siècle, une petite chapelle existe rue Claude Brosse. D’une surface de 57m2, elle suffit aux 120 à 150 habitants du village, entre 1600 et 1800. La porte d’entrée se situe à l’ouest, le chœur à l’est. La chapelle est percée d’une fenêtre ogivale au sud, ce qui laisse supposer des rénovations au XVesiècle. La cure et un cimetière jouxtent la chapelle. Le cimetière est régulièrement inondé par les crues de l’Ozon et l'irrigation des prés environnants.


Fenêtre ogivale

 Après la Révolution, Sérézin devient une commune autonome, pourtant la petite église reste dépendante de l’église de Ternay, de la Fabrique (ensemble des personnes nommées pour administrer les biens d’une église) de Ternay et même du Conseil municipal de cette ville. Cette anomalie est source de conflits.

En 1868, le Conseil municipal de Sérézin obtient l’autorisation de vendre la chapelle et les « 22 ares attenants ». C’est le maire, Pierre Devaux, qui l’achète en 1872 à titre personnel. En 1885, elle devient propriété de la famille Martinet-Clamaron pendant de nombreuses années. Elle connaît ensuite un nouveau propriétaire.






La question d’une nouvelle église est débattue en 1867 et 1868. Les 1520 mnécessaires à la construction de l’église et du presbytère sont donnés à la commune par M. Mittifiot, de Solaize, ce qui permet leur mise en chantier. La nouvelle église, en bordure de l’avenue du Dauphiné, est inaugurée le 9 juillet 1871. Comme la chapelle, elle est placée sous le patronage de Saint Maurice. 


L'église orientée Nord-Sud

De construction classique pour l’époque, elle est cependant orientée nord-sud. La flèche et l’horloge datent de 1889.


Elle se compose d’une nef s’ouvrant sur un chœur gothique où cinq vitraux, dont un représente l’abbé Dhières né à Sérézin, apportent de la lumière.

 De chaque côté du chœur, deux chapelles, l’une à gauche dédiée à la Vierge et l’autre à droite consacrée à Saint Joseph, sont ornées d’un vitrail et de statues : Notre Dame de Lourdes, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus pour celle de la Vierge, le Curé d’Ars et Sainte Jeanne d’Arc pour celle de Saint Joseph.

 La nef est dotée de chaque côté de trois vitraux qui rendent l'ensemble lumineux. Ses murs sont ornés d’un traditionnel chemin de croix.

 La porte d’entrée, encadrée par deux statues, Saint Maurice et Saint Antoine de Padoue, est surmontée d’un tableau et d’une rosace. Le baptistère, à droite en entrant, complète cet ensemble.  


 Lors des différents aménagements de l’église, en 1969 et 1989, des modifications sont apportées : suppression des chaises prie-Dieu, de la chaire, du confessionnal et de l’harmonium. Des bancs sont installés dans la nef et les peintures intérieures sont refaites. Le chœur est réaménagé : les stalles et la grille en fer forgé sont enlevées. Un système de chauffage à air pulsé remplace le poêle à charbon.

Au cours des années suivantes, la commune a mené différents travaux d’entretien,  de rénovation et d’embellissement de ce patrimoine sérézinois.



L’abbé Dhières, (1757-1820,) né à Sérézin, entre au grand séminaire de Lyon à 16 ans et  est nommé diacre en 1780. Il est officiellement vicaire à Pélussin de 1782 à 1791. Surpris par la proclamation de la constitution civile du clergé, il prête serment avec des restrictions, ce qui entraîne son arrestation. Libéré, il revient à Sérézin et se résout à émigrer à Constance de 1792 à 1795. Après la chute de Robespierre le 27 juillet 1794, il tente sans succès de revenir dans son village natal. Il est finalement accueilli à Ternay. Dénoncé, il est à nouveau arrêté en 1799, déporté à Oléron puis libéré grâce au Concordat deux ans plus tard. On le retrouve par la suite directeur du séminaire de Grenoble en 1806.


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